Présentation

 
Historique
 
Fondation d’Entreprise Adoma - Une jeune fondation pourtant au cœur de l’histoire
 
C’est dans l’histoire de la Sonacotra (devenue Adoma en 2007 à l’occasion de ses cinquante ans) que se trouvent les motivations qui ont prévalu à la création de la Fondation Adoma. L’entreprise a été créée en 1957 par le gouvernement français, sur la proposition d’Eugène Claudius Petit, alors ministre de la Reconstruction de la France.

Le pays gérait encore les pénuries de l’après-guerre, pénurie de logements bien sûr (appel de l’Abbé Pierre en 1954), mais aussi pénurie de main-d’œuvre conduisant les grandes entreprises en pointe du bâtiment ou de l’automobile, déjà engagées dans une expansion économique qui allait durer plus de trente ans, à embaucher des jeunes dans les « bleds » d’Afrique du Nord.

Entre ruines et développement, la France avait vu pousser, à la périphérie des grandes villes, comme des champignons à la croissance incontrôlable, des bidonvilles aujourd’hui mythiques, comme ceux des Francmoisins à Saint-Denis ou des Karibouts à Nanterre.

La résorption des bidonvilles a été la première mission de la Sonacotra, qui s’en est acquittée par la construction de logements-foyers dans lesquels les travailleurs isolés occupaient des chambres individuelles autour d’éléments de confort partagés. Il était dit que ce type d’occupation était provisoire, ces hommes célibataires devant être rejoints à court terme par leurs familles.

Les événements historiques, les décisions politiques, mais aussi personnelles de la part de certains migrants qui décidaient d’opter pour ce mode de vie, ont quelque peu modifié la donne originelle. Le foyer, tel que conçu initialement, reste de nos jours le lieu d’accueil privilégié pour ceux qui n’ont pas procédé au regroupement familial, dont beaucoup sont désormais retraités et trouvent dans ces structures les liens communautaires générateurs de solidarité. 

 
Une clientèle étrangère à 73%
 
Pourtant, depuis 1957, les missions confiées à l’entreprise par son principal actionnaire, l’Etat, ont beaucoup évolué : en 1992, époque des « nouvelles pauvretés » combinées à la diminution de l’immigration, c’était l’élargissement des publics accueillis, jusque là exclusivement maghrébins, en direction de tous les ménages, quelle que soit leur nationalité ; en 2000, l’ouverture se réalisait en faveur des demandeurs d’asile, -Adoma étant aujourd’hui le premier opérateur national dans de domaine-, puis des personnes sans domicile fixe avec des centres d’hébergement ou de stabilisation ; enfin, au cours des quinze dernières années, l’entreprise diversifiait son activité vers l’accueil des gens du voyage, et rachetait, aux fins de les réhabiliter, des foyers hébergeant des populations subsahariennes.

A ce jour, la clientèle est à 73% de nationalité étrangère, largement masculine, vieillissante pour ceux des résidants originaires des pays du Maghreb, plus jeune pour les autres, mais avec une constante : ces hommes, venus et restés seuls en France pour faire vivre leurs familles, ont, de fait, limité leur intégration dans la société française au volet économique.

Mais au delà de leur préoccupation strictement familiale, ils ont toujours eu le souci connexe du développement de leurs villages d’origine. En matière de santé, d’éducation, d’accès à l’eau, d’infrastructures routières,… rien n’existerait aujourd’hui sans l’initiative et l’apport considérable des migrants. Et c’est généralement dans les « foyers », lieux de rayonnement des associations villageoises et donc de rassemblement des diasporas, que se montent et se financent la plupart des projets, même si le processus d’identification et de planification de ces projets de développement évolue, depuis une dizaine d’années, sous l’effet de la mise en place, dans bien des Etats, d’organisations décentralisées. Le pouvoir de décision est aujourd’hui partagé entre le village, où vivent les bénéficiaires des projets, et les migrants-bailleurs de fonds qui ne sont donc plus seuls dans la définition des besoins.

C’est à l’observation de ces pratiques, constatées par de nombreuses études sociologiques et rendues notamment possibles par l’existence de ces structures de vie, que s’est imposée à Adoma  l’idée de la création d’une entité d’accompagnement de ces projets. C’est ainsi qu’est née la Fondation d’Entreprise Adoma qui a reçu son autorisation administrative de fonctionnement en décembre 2006.

Objectifs

Un projet d’entreprise au service des résidants 
  • S’inscrire en partenariat dans une démarche de développement aux côtés d’associations de migrants représentées dans les établissements gérés par Adoma (les projets peuvent également être portés par des salariés d’Adoma actifs dans ce même type d’associations). C’est la manifestation de la volonté d’Adoma-gestionnaire de foyers, de confirmer son implication dans une démarche de reconnaissance mutuelle, préalable à tout dialogue. Les migrants se placent désormais dans une véritable logique de développement, pour les générations présentes et à venir, et sont donc très favorables à la démarche de la Fondation qu’ils n’analysent pas comme une série de contraintes, mais comme un outil d’aide à la conception de projets. L’objectif est de concevoir un projet  qui génère en soi sa propre pérennité, laquelle passe non seulement par sa gestion et sa maintenance, ce qui en soi dégage des revenus pour des familles, mais aussi assure, selon la nature des projets, son renouvellement et parfois même son développement.
  • Au delà de cet objectif qui vise les porteurs, Adoma, par la création de sa Fondation d’entreprise, a voulu donner forme à un projet d’entreprise fédérateur qui implique les salariés par le biais du parrainage de projet. Les salariés d’Adoma, par leur relation de proximité avec les résidants, font émerger des projets qui jamais ne verraient le jour sans l’appui effectif de la Fondation. Les parrains potentiels font une sorte de « repérage » pour amener les résidants vers la Fondation et donner corps ainsi à des projets qui, sans cette incitation, seraient parfois longtemps restés à l’état embryonnaire. Le parrain est aussi en charge du suivi de réalisation, il participe au fonctionnement de la Fondation et aux missions de post-évaluation sur sites. C’est, pour l’entreprise, un apport de sens nécessaire à la construction de valeurs collectives.