Etude « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone Franc »: mise en ligne du résumé exécutif

Les transferts d’argent des migrants vers leur pays d’origine sont plus de deux fois et demie supérieurs à l’aide publique au développement des pays riches. Ils constituent donc une importante source de financement des économies des pays en développement et des populations réceptrices. Dans ce contexte, la France, à travers notamment le G8 et le G20, s’est engagée en faveur d’une réduction du coût moyen des transferts d’argent , de façon à « libérer chaque année 15 milliards de dollars supplémentaires au profit des familles bénéficiaires ».

C’est en conformité avec cet objectif qu’a été menée l’étude « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone Franc ». L’étude analyse en effet les moyens :

  • de réduire les coûts des transferts d’argent des migrants,
  • d’optimiser leur contribution au développement par des innovations financières et réglementaires.

L’étude répond à une demande de la Banque africaine de développement (BAfD) et de la France, cette initiative associant la Direction Générale du Trésor, la Banque de France, le ministère des Affaires étrangères et européennes, le ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration ainsi que l’AFD.
Conduite par Epargne Sans Frontière (ESF), organisation ayant une connaissance établie des aspects financiers liés aux phénomènes migratoires, elle s’inscrit dans la continuité de précédents travaux et activités initiés en 2007 par la Banque africaine de développement (BAfD), avec l’appui financier de la France.

  • L’étude « Migrations et développement, un enjeu de développement » (2007-2008)

Il s’agit de la première étude du genre, sur les transferts de fonds des migrants en direction de quatre pays représentés en France par une diaspora importante : les Comores, le Mali, le Maroc et le Sénégal. L’étude a permis de mieux approcher les volumes transférés, d’identifier les canaux de transferts de ces fonds et d’améliorer la connaissance des logiques qui fondent leur utilisation. Elle a ainsi montré le rôle potentiellement important de ces ressources au service du développement, à travers le renforcement de l’investissement dans les pays africains concernés.
A la suite des conclusions de cette étude, en janvier 2008, un Groupe d’Action comprenant la France, la BAfD, le Fida (Fonds international de développement agricole) et la BEI (Banque européenne d’investissement) a été créé pour la mise en œuvre des recommandations de l’étude.
Le Groupe a retenu le thème des cadres réglementaires et des produits financiers innovants comme une priorité pour les actions à entreprendre et a choisi les régions du Maghreb et de la Zone Franc pour débuter ses travaux.

  • La création, en 2009, du fonds fiduciaire multi donateur Migration et Développement, placé auprès de la BAfD en appui à son Initiative « migration et développement »

Initiative conjointe de la BAfD et de la France, le Fonds a pour objectif de financer des actions permettant de contribuer : à l’amélioration des connaissances sur les transferts des fonds des migrants en Afrique ; à l’accompagnement des réformes des cadres règlementaires nécessaires à l’amélioration des conditions de transfert ; au développement de produits financiers susceptibles de répondre aux attentes des migrants ; enfin, à l’appui aux initiatives des migrants en matière d’investissement productif et de développement local dans leur pays d’origine.
En ce sens, il s’inscrit en parfaite harmonie avec les recommandations du G20 en matière de réduction du coût des transferts et de promotion de l’inclusion financière.
Les donateurs initiaux en sont la France (6 millions d’euros) et le Fida (200 000 dollars).

  • Le lancement et l’organisation d’un programme de renforcement des capacités des opérateurs du secteur des transferts d’argent dans  les pays du Maghreb central et de la Zone franc (2009).

A travers Epargne Sans Frontière (ESF), la BAfD a engagé une première phase d'activité en 2009 pour dresser un état des lieux dans les régions africaines du Maghreb et de la Zone franc.
Deux ateliers d'échanges ont été organisés à Casablanca, le 16 novembre 2009, et à Bamako, le 19 novembre 2009, auxquels ont été conviés les opérateurs financiers (banques, sociétés de transfert, IMF), des opérateurs télécom et les régulateurs de ces deux régions.
Ces ateliers multi acteurs ont permis de partager les expériences et tester les premières pistes d'intervention identifiées, et d'identifier ainsi les limites (tant technologiques, financières ou législatives) à une amélioration des transferts et de leur utilisation productive (épargne, assurance, crédits).

Le présent résumé exécutif a ainsi pour vocation de poursuivre la réflexion et les échanges. Qu’il s’agisse d’acteurs, de services, d’outils ou de nouvelles technologies…, il préconise d’explorer cinq pistes pour étoffer et renforcer l’offre en produits bancaires et non bancaires, et favoriser la baisse des coûts des transferts d’argent et favoriser le développement.

Le rapport complet de l’étude sera disponible en février 2012. La présentation de l’étude fera l’objet d’échanges avec les principaux acteurs du secteur des transferts d’argent, à l’occasion d’ateliers.

Soyez assurés que nous ne manquerons pas de vous tenir régulièrement informés sur le contenu et les prochains rendez-vous autour de ce rapport clé.

Pour aller plus loin :