Etat des lieux

 
Flux financiers 
 
Les transferts d’argent des migrants vers leurs pays d’origine représentent des flux financiers d'importance pour les pays en développement, atteignant souvent des pourcentages conséquents du produit intérieur brut. Selon les dernières estimations de la Banque mondiale (juillet 2009), les transferts des migrants vers les pays en développement ont représenté 316 milliards de dollars en 2009. Consacrés essentiellement aux dépenses d’éducation, de santé, de consommation courante, ils jouent un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté et  représentent un enjeu majeur du financement du développement aux côtés de l’aide publique au développement mondiale (119,6 milliards de dollars en 2008).
 
Les envois d’argent formels effectués par les migrants depuis la France ont été estimés par la Banque de France - sur la base des données de la balance des paiements - à environ 3,4 milliards d'euros en 2008. Ces estimations ne prennent en compte à ce stade ni les envois effectués via des opérateurs privés, ni les envois effectués de manière informelle. On estime ainsi que les transferts effectués à partir de la France s’élèveraient à environ 8 milliards d'euros vers l'Afrique. Il s’agit souvent de petites sommes transférées de façon régulière (200 à 300 euros en moyenne) . 
 
Avec la crise de 2008, ces flux ont cependant nettement diminué puisque, selon les prévisions de la Banque mondiale, 2009 a été marqué par une baisse de 7,3% des transferts.
 
Caractéristiques des transferts d'argent
 
Les transferts d’argent effectués spécifiquement par les migrants présentent plusieurs caractéristiques (cf. le séminaire « Les Midis de la microfinance. Transferts de Migrants », 28 septembre 2006, Banque de Luxembourg) :
  • transactions entre individus ou entre individus et foyers
  • transferts entre pays relativement riches et foyers ou individus relativement pauvres dans les pays de réception
  • faible montant individuel
  • fréquence élevée (en général mensuelle) et augmentation durant certaines périodes de l’année (notamment durant les fêtes religieuses)
  • transferts en augmentation en cas de ralentissement économique ou de difficultés dans le pays de réception
  • part significative des transferts circulant par des circuits informels.