Conclusions du 5e Forum Mondial de l’ONU sur la Migration et le Développement.
A l’occasion de l’ouverture des conclusions du 5e Forum Mondial de l’ONU sur la Migration et le Développement (FMMD), ce jeudi 1er et ce vendredi 2 décembre, voici les grandes lignes de l’atelier de travail qui s’est tenu à Taroudannt , dans le Haut Atlas marocain, avec l’association Migrations & Développement.
L’atelier a notamment réuni à Taroudannt des acteurs de la société civile (les associations de migrants, dont Migrations & Développement), des experts et les autorités des pays organisateurs (France, Maroc), la présidence Suisse du FMMD 2011 ainsi que des délégués des pays membres de l’ONU partie prenante du Forum.
Inscrits au programme du module III: "Outils pour des politiques migratoires et de développement basées sur des faits probants", sous-thème 2: "Evaluations des impacts des politiques migratoires et de développement", thématique "La contribution des associations de migrants au développement", ces ateliers de terrain préparatoires ont permis d’identifier des formes efficaces de coopération relevant de la dialectique Migration/Développement.
Elément récurrent des conclusions de l’atelier : les migrants s’engagent spontanément pour leur pays d’origine; leurs associations sont des acteurs privilégiés, elles participent au développement local en aidant à mettre en synergie les engagements individuels et collectifs.
En regard, les gouvernements ont la responsabilité de définir le cadre d’intervention, c'est-à-dire les politiques publiques, des associations de migrants. C’est un mouvement réciproque car leurs projets contribuent également à définir ces mêmes politiques, notamment en termes de couverture des besoins essentiels des populations des régions les plus défavorisées ou de développement d’activités génératrices de revenus. Les autorités cherchent le plus souvent à capitaliser sur ces pratiques et à inciter les associations à élargir géographiquement leur champ d’action (du village à la commune, puis à la région), tout en restant reconnues et efficaces.
Pour atteindre ce double objectif, l’atelier a défini cinq principes généraux:
* Les gouvernements centraux et les autorités locales du pays d’origine doivent considérer la migration comme l’un des piliers de leurs politiques de développement. Comme l’engagement spontané des migrants vers leur communauté d’origine est très local, le choix d’un développement décentralisé paraît le plus adapté. Dans cette approche, les migrants sont reconnus comme des acteurs clés, que l’on consulte et implique dans les initiatives de développement local.
* Le développement n’est pas possible sans l’implication directe des personnes concernées, autrement dit les destinataires des programmes de développement. Il faut expérimenter des méthodologies participatives pour favoriser l’appropriation locale, et créer la confiance entre les parties (associations et gouvernement local). Concrètement, les actions peuvent inclure des consultations formelles ou informelles, pour parvenir à des définitions partagées des besoins, des priorités et des solutions en matière de développement.
* La recherche de l’implication des associations de migrants dans le développement ne doit pas devenir un but en soi. En effet, les associations peuvent être connectées à des pays ou des zones géographiques qui ne sont pas considérées comme prioritaires. En conséquence, permettre l’action des associations de migrants pour aider au développement requiert tout d’abord d’identifier le lien entre l’activité d’une diaspora et les besoins locaux de développement.
* Dans le pays d’origine comme dans le pays d’accueil, il convient de reconnaître que les associations de migrants ont des capacités et des objectifs très divers, d’où des collaborations à adapter selon chaque situation. Fournir un soutien direct aux actions à petite échelle des associations de migrants existantes, ou engager une concertation avec des structures plus puissantes, tels que les réseaux ou les associations faitières, sont des moyens d’établir des associations de migrants là où elles sont peu développées.
* Pour les acteurs institutionnels majeurs, tels que les gouvernements du pays d’accueil ou du pays hôte, collaborer avec des associations de migrants présente souvent un défi. Souvent, ces acteurs préfèrent identifier le potentiel technique et politique de ces dernières, et les accompagner vers la professionnalisation et une collaboration de long terme. Il s’agit d’un processus de longue haleine, car il implique que les deux parties construisent une confiance mutuelle. Pour autant, si le souhait des gouvernements de collaborer avec des interlocuteurs solides est légitime, les critères de sélection des associations doivent être clairs, solides et transparents. Ils doivent aussi permettre de comprendre les conséquences que peut avoir la professionnalisation sur l’organisation initiée par le migrant (comment les liens avec les réalités locales sont affectés, quels sont les effets d’un élargissement géographique des zones d’intervention, en dehors donc de la localité d’origine des migrants…).
A propos du Forum Mondial sur la Migration et le Développement 2011 :
Les débats de conclusion du FMMD 2011 ont été précédés, les 29 et 30 novembre, par les Journées de la Société Civile, qui ont regroupé environ 250 personnes, sur le thème "Agir sur les migrations du travail, le développement et la protection des travailleurs migrants et de leurs familles".
Le 1er décembre, les gouvernements et la société civile se réunissent pour échanger ensemble sur le sujet "Démographie, Emploi et chômage des jeunes, Développement et Migration".
La réunion gouvernementale initiée le 1er décembre s’achèvera le 2, avec la publication d’un rapport sur les sessions de travail.
Pour en savoir plus sur le Forum Mondial sur la Migration et le Développement, et sur le rapport de l’atelier sur la contribution des associations de migrants au développement:
www.gfmd.org/
www.gfmd.org/en/migrant-associations.html
Pour en savoir plus sur l’association Migrations & Développement, ses différents domaines d’intervention et le rôle spécifique des migrants dans chaque projet:
www.envoidargent.fr/content/présentation-1
www.migdev.org









