La Banque mondiale estime les transferts d’argent vers les pays en développement à 351 milliards de dollars en 2011 (+8%)

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Equipe éditoriale
La Banque mondiale estime les transferts d’argent vers les pays en développement à 351 milliards de dollars en 2011 (+8%) 05/12/2011

Dans le cadre du 5e Forum Mondial sur la Migration et le Développement (FMMD), la Banque mondiale a publié le 1er décembre les dernières estimations de son rapport sur les migrations et les envois de fonds dans le monde.

Pour l’année 2011, les estimations des transferts d’argent sont établies à 406 milliards de dollars dans le monde, dont 351 milliards vers les pays en développement. Pour ces derniers, deux pays: l’Inde et la Chine, reçoivent près d’un tiers des transferts. Autre enseignement, les transferts d’argent à destination des pays en développement sont en hausse de 8%, une première depuis le début de la crise.
Sur les six régions en développement, les envois vers 4 régions ont même progressé plus vite que prévu : l’Europe orientale, l’Asie centrale, l’Asie orientale et le Pacifique, l’Afrique sub-saharienne. L’Amérique latine et les Caraïbes enregistrent une augmentation en-deçà des prévisions, tandis qu’au Moyen Orient et en Afrique du Nord, le Printemps arabe a eu de fortes incidences sur la croissance des flux de fonds.
 
Concernant l’Europe de l’Ouest, les dernières données semblent indiquer que les flux des transferts d’argent ont retrouvé les niveaux atteints lors du point d’orgue de la crise en 2008-2009. Pour autant, un rétablissement durable n’est pas notable, du fait de la faiblesse de l’économie et de la situation sur le marché de l’emploi.
Ainsi, si les flux d’argent en provenance du Royaume-Uni, d’Italie et d’Espagne sont à la hausse, ils restent toujours globalement très en deçà des niveaux d’avant la crise. La Banque mondiale note par ailleurs que les flux en provenance de France sont en repli depuis le dernier trimestre 2008, malgré une remontée en 2009 (source : FMI – Balance des Paiements; estimations Banque Mondiale).

Malgré la conjoncture économique mondiale, la Banque mondiale prévoit une poursuite de la croissance des transferts, qui devraient atteindre 515 milliards de dollars en 2014, dont 441 milliards vers les pays en développement.
La Banque mondiale précise toutefois que les perspectives, à la fois des flux migratoires et des envois de fonds internationaux, ne sont pas à l’abri de graves risques de détérioration, et cite notamment le chômage persistant en Europe et aux Etats-Unis, la volatilité des taux de change, l’incertitude autour des prix du pétrole tout comme les actions envisagées par certains pays de revoir à la baisse les quotas des travailleurs migrants. 
Ces dernières politiques pourraient avoir un impact à long terme sur les transferts d’argent, bien que le risque soit jugé relativement faible sur le moyen terme.

Pour la Banque mondiale, atteindre l’objectif d’une réduction de moitié du coût moyen des transferts d’argent à horizon 2014 permettrait plus encore de stimuler la croissance des transferts d’argent (objectif « 5 sur 5 » du G8 et du G20). Le rapport pointe une baisse globale du coût moyen des transferts, de 8,8 % en 2008 à 7,3 % au troisième trimestre de 2011. Cette évolution s’explique notamment par l’intensification de la concurrence sur les circuits à grand volume : Etats-Unis/Mexique ; Royaume-Uni/Inde et Bangladesh ; France/Afrique du Nord.


Selon le rapport, les coûts d’envoi vers l’Asie centrale, l’Afrique du Nord, l’Asie orientale et le Pacifique restent toutefois élevés, car les corridors à grand volume présentent des coûts relativement plus élevés (France/Maroc ou Etats-Unis/Chine par exemple). Le rapport cite également l’Afrique sub-saharienne où, hormis le Nigeria, de nombreux couloirs présentent un faible volume mais des coûts significativement plus élevés que la moyenne.

Pour Dilip Ratha, directeur du service des migrations et des envois de fonds à la Banque mondiale et co-auteur du rapport sur les Migrations et le Développement, « outre la rationalisation des réglementations qui régissent les agences de transfert de fonds, il est urgent d’améliorer les données sur la taille du marché des envois de fonds au niveau national ainsi qu’au niveau des circuits bilatéraux. Cela stimulera la concurrence sur le marché et facilitera aussi un suivi plus précis des progrès vers l’objectif de « 5 sur 5 ». »

Pour consulter le rapport complet : http://siteresources.worldbank.org/TOPICS/Resources/214970-1288877981391/MigrationandDevelopmentBrief17.pdf
Pour consulter le communiqué de presse : http://go.worldbank.org/Z2XZWFM6U0

La France s’est pleinement engagée dans le processus de baisse du coût moyen des transferts d’argent. Pour en savoir plus, consulter l’article sur la rétrospective des engagements du G8 et du G20.
 

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