Les transferts d’argent effectués spécifiquement par les migrants présentent plusieurs caractéristiques (cf. le séminaire « Les Midis de la microfinance. Transferts de Migrants », 28 septembre 2006, Banque de Luxembourg) :

  • transactions entre individus ou entre individus et foyers
  • transferts entre pays relativement riches et foyers ou individus relativement pauvres dans les pays de réception
  • faible montant individuel
  • fréquence élevée (en général mensuelle) et augmentation durant certaines périodes de l’année (notamment durant les fêtes religieuses)
  • transferts en augmentation en cas de ralentissement économique ou de difficultés dans le pays de réception
  • part significative des transferts circulant par des circuits informels.

D’un point de vue général, les transferts de fonds représentent très souvent un enjeu socio-économique non négligeable, et ce à différentes échelles :

  • soutien à la famille pour les dépenses de consommation courante
  • financement des infrastructures et aménagements de base sur le territoire d’origine
  • investissement immobilier
  • projets à visée économique, création d’entreprises.

à Exemple : cas du Mali (étude de valorisation de l’épargne des migrants maliens en France réalisée en 2004) :

  • 100 000 Maliens installés en France envoient 180 millions d’euros au Mali chaque année (soit un transfert annuel par émigré de 1800 euros, ou 12 mensualités de 150 euros)
  • la communauté malienne est organisée en 400 associations
  • la répartition de l’utilisation des fonds par les bénéficiaires se fait comme suit :
    • 75 % pour les dépenses courantes
    • 8 % pour des projets immobiliers
    • 5 à 8 % pour des dépenses de santé urgente
    • 5 % pour des projets économiques et familiaux
    • 5 % pour des aménagements collectifs.