Le projet vise à répondre à un problème d’accès aux droits et aux services sociaux pour une catégorie de migrants dit « isolés » et leurs familles restées au Maroc.
En effet, l’Inspection générale des affaires sociales en France a constaté que pas moins de 54 000 Marocains ayant des droits ouverts n’ont pas fait valoir leur droit soit à la retraite soit aux pensions. Une partie d’entre eux ont opté pour le retour définitif dans leur pays dans les années 1980.
Ces migrants ont passé un bon nombre d’années en France et ils reviennent dans leur pays d’origine pour des raisons de santé, en l’occurrence quand ils sont atteints de graves maladies, de handicaps physiques ou psychiques et de problèmes de vue allant jusqu’à la non-voyance. Lorsqu’ils décèdent, ils laissent derrière eux des enfants et des femmes. Leurs familles se retrouvent alors sans ressources financières puisque dépendant des seuls revenus du mari. Elles plongent alors dans la pauvreté et la précarité, voire la mendicité.
La plupart des retraités et de leurs ayants-droits ignorent qu’ils ont le droit à une pension, au regard de la règlementation du pays d’accueil, et ce même si la période de travail déclaré, donc de cotisation, a été brève (souvent 6 à 12 ans). De ce fait, ils n’entament aucune démarche auprès des caisses d’assurance vieillesse.
La situation devient plus difficile quand il s’agit de la circulation de ces personnes, de par leur état physique et la difficulté d’obtention d’un visa au niveau des services consulaires pour ceux d’entre eux dont le titre de séjour est périmé. Résidant dans leur village, ces personnes n’ont plus la possibilité de rejoindre l’Europe et ne peuvent pas faire de démarches à partir de la CNSS au Maroc, à défaut de pouvoir reconstituer le dossier de leur carrière professionnelle.
Après avoir traité une vingtaine de cas entre 2003 et 2004, Migrations & Développement (M&D) a lancé, en juin 2007, avec le soutien de l’agence française pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) et de la Fondation Caisse d’Epargne pour la solidarité, un projet d’accompagnement des migrants retraités et de leurs ayant-droits dans la liquidation de leurs pensions.
Dans le cadre de ce projet, M&D a démarré une étude diagnostic destinée à identifier des cas dans la province de Taroudannt. Elle a également ouvert un bureau d’accueil pour les migrants et leurs veuves, à la Maison du Développement de Taliouine, qui a reçu une centaine de personnes depuis son ouverture et traité une cinquantaine de requêtes.
Pour favoriser la fréquentation du bureau, et résoudre un plus grand nombre de cas, M&D prévoit la constitution d’une caravane d’information sur les droits des retraités qui devrait sillonner, durant un an, les zones de Taroudannt, Chtouka ait Baha, Tiznit, Ouarzazate, Zagora, Agadir et les zones rurales environnantes. Cette opération devrait également permettre d’identifier et de traiter de nouvelles demandes.
Pays : MAROC
Partenaires : l’ACSE, Fondation Caisse d’Epargne pour la solidarité, MIIINDS
Liens : www.lacse.fr ; Fondation Caisse D'Epargne pour la solidarité ; www.immigration.gouv.fr
